
Avant de vous raconter mon séjour dans l'ancienne capitale Inca, il convient que je vous fasse un petit « topo » sur Cusco. Donc « Ccoscco » a été hispanisé sous la forme de Cusco et signifie en quechua le "nombril de la terre". Située à 3400 mètres d'altitude dans une haute vallée très fertile, la ville jouit, grâce à la proximité du tropique, d'un climat sympathique pour les touristes et favorable à l'agriculture (bananes, mangues, thé, café, … tout pousse ici !). Classée "patrimoine culturel de l'humanité" pour la richesse de ses monuments incas et coloniaux, Cusco figure aujourd'hui parmi les cités les mieux conservées de l'Amérique précolombienne. C´est pour cette raison que tant de touristes « affluent » ici, et aux « premières loges » les Français !
Mercredi 18 – Cusco !
11h – Enfin arrivées à Cusco! Fatiguées, nous (Christina et Yo) nous employons à notre « tâche préférée d´arrivée » : trouver un hôtel. Et là, pour changer un peu de cette journée mal commencée, nous trouvons un endroit génial, calme, propre et proche de la Plaza de Armas : la « Casa Campesina ». De plus, cet endroit promeut la culture quechua et une partie de l'argent va à la sauvegarde de cette culture. Pour plus d´infos, je vous invite à aller sur ce site : http://www.cbc.org.pe/casacamp.
Une fois douchées (un pur régal, comme quoi « les petits plaisirs »…), nous partons nous promener aux alentours de la Plaza de Armas pour "prendre la température" du centre. Je suis agréablement surprise : Cusco est une très belle ville coloniale espagnole et n´est pas qu´un empire de gringos (ma peur initiale). En outre, la Plaza de Armas est magnifique avec ses deux grandes églises coloniales, ses arcades, les collines qui entourent la ville, le tout sous un ciel cristallin au bleu intense.
Nous passons notre après-midi à la découverte des rues et monuments du centre. Puis comme toute première journée vient l´étape logistique à savoir « Laverie » et tour des « Agence de Voyage ». Pourquoi aller dans les agences de voyage me direz-vous ? Parce que c´est une très bonne source d´info pour connaître les lieux à visiter et surtout pour planifier mon prochain trek. Après un peu de lecture, je sais ce que je recherche : le trek de Choquequirau. Ce dernier est très peu couru et part à la recherche de terrains vierges et inhospitaliers pour atteindre le Machu Picchu en 8 jours. Le Choquequirau, quant à lui, est atteint le 3 ème jour ; c´est un site inca découvert en 1991, encore en fouille et très peu visité, malgré sa valeur archéologique. Après avoir fait le tour de nombreuses agences, je suis un peu déçue car il n´y a aucun groupe de prévu pour ce trek... Mais je ne suis pas du genre à me décourager si vite, je suis sûre qu'il y a un moyen de trouver des gringos, et qui ne tente rien n'a rien ! Je décide alors de laisser mes coordonnées au « monde entier » (sans exagérer, à plus de 15 agences).
Avant le dîner, j´ai la « bonne idée » de faire un petit tour sur Internet et je découvre qu´ Angie et Alex (2 camarades de cours d´espagnol – « recuerdo Baños ») sont également à Cusco et sont en ligne. Ni, une, ni deux, nous nous donnons rendez-vous dans un petit resto de spécialités péruviennes. C´est donc à 4 que je passe une excellente soirée d´anniversaire à déguster du bon vin (vive le « concho y torro ») et de la viande d'alpaga (mais je n´ai pas vraiment aimé ; cela a la consistance d´une bonne viande bœuf mais le goût du foie que je n´aime pas trop…). De plus, je suis gâtée, j´ai eu un cadeau de la part de Christina : de jolies boucles d´oreilles en pierre verte (cf. photo). Nous finissons la soirée à 2 dans une discothèque de la Plaza de Armas à admirer les danseurs péruviens. C´était pfff…. époustouflant ! A se demander si ce n´était pas des danseurs professionnels… Pour la « petite histoire », une fille de Cusco m´a fait danser. J´étais plutôt embarrassée au début, mais elle dansait tellement bien que finalement j´ai beaucoup apprécié.
Jeudi 19 - Découverte de la vallée sacrée
De bon matin, nous partons à l´assaut de la vallée sacrée à l´aide de plusieurs "Chicken Bus" (littéralement "bus a poulets"), sorte de minibus locaux qui passent de villages en villages. La route en bus est très belle. J´apprécie toujours autant ces montagnes si particulières du Pérou, elles sont comme « stratifiées » par des terrasses en terre. Sur le bord de la route, des indiens et leurs lamas vendent leur artisanat ou des fruits aux passants.
Notre première étape est Pisac. C´est un site divisé en deux parties : d'une part le village colonial et moderne, et d'autre part la forteresse Inca sur la montagne qui s'élève au dessus de la rivière. Notre matinée est consacrée principalement à la visite de la forteresse. Ces ruines sont plus qu´à la hauteur de mes espérances. Les 4 différents lieux de visite, la vue sur la vallée, les couleurs magnifiques dans les jaunes et les marrons, le faible nombre de touristes (qui sont d´ailleurs majoritairement des écoles péruviennes) rendent ce site tout simplement magique! Les photos ne sont malheureusement pas à la hauteur de ce que j´ai pu contempler ; et oui, la lumière n´était pas trop au rendez-vous…
Nous finissons notre matinée sur le très connu marché artisanal de Pisac. Malgré le nombre de stand et la variété de l´artisanat péruvien, très raisonnables nous n´achetons rien. Ben oui, petit 1) nous n´avons besoin de rien et puis petit 2) il ne fait pas oublier qui va porter les nouvelles affaires (notre dos !).
En route pour un second site de grande renommée : Ollantaytambo, nous nous arrêtons à Urumbamba, gros bourg local pour apprécier la quiétude de ce lieu et déjeuner.
L´après midi, nous nous promenons dons à Ollantaytambo. C´est une forteresse impressionnante comportant d'immenses terrasses, couronnée par un "adoratoire" avec six monolithes taillés. On y voit des pierres de plus de 5m de long et de 1m de hauteur qui furent vraisemblablement portées à bras d'hommes depuis l'autre vallée. Il est aisé d'imaginer la main d'oeuvre et le temps qui furent nécessaires à la construction de ce site, et les pertes humaines induites.... Le village, quant à lui, est construit sur les ruines d'un "tambo" (relais) incaïque. Ollantaytambo est un site à voir car majeur dans l´empire inca. Néanmoins, le trop grand nombre de touristes gâche un peu la visite…
Sur le retour, au coucher du soleil, nous prenons un dernier bus pour le village de Chinchero, le village de l'Arc-en-ciel, et son petit marché indien. Chinchero est l'un des villages de la région de Cuzco qui a le mieux sauvegardé les usages préhispaniques, y compris le système des ayllus. Les Chincheros pratiquent un catholicisme empreint de maintes réminiscences précolombiennes. Ainsi, la plupart des habitants conservent la coutume de faire la « chala », c'est à dire de saluer l'eau en franchissant une rivière ou d'offrir des actions de grâces aux esprits de la montagne. J´ai beaucoup aimé ce petit village pour son authenticité et son calme.
Après une journée bien chargée au « timing parfait » (jamais d´attente entre aucun des 6 bus empruntés), nous rencontrons sur Cusco pour retrouver Angie et Alex déguster une nouvelle spécialité locale : le CUY (du cochon d´inde)! Bon, à vrai dire ce n´est pas mauvais et le goût est plutôt fin (entre du poulet et du canard selon moi). Mais franchement je ne vois pas pourquoi ils adorent ça ici. En plus avec leurs petites dents et leurs pattes toutes écartées (oui, ils viennent entier dans l´assiette), ils me font de la peine...
Vendredi 20 - Cusco et ses ruines à cheval !
Pour ceux qui ne le savent pas, les ruines incas pullulent autour de Cusco. Et depuis la capitale inca, il est possible de découvrir sur une demi-journée 3 sites de ruines Incas. Une belle manière de se balader, de découvrir les paysages environnants et de continuer mon immersion dans l'atmosphère "ruinesque"…
C´est donc à cheval (pour votre info personnelle, je ne sais pas monter…) que j´ai visité 3 des 4 fortifications qui servaient à la protection de la capitale: les ruines de Puca-Pucara, de Tambomachay et de Quenko. La ballade à cheval est « top » ; nous dominons toute la ville et passons devant des élevages d'alpagas (« vous savez les lamas aux longs poils dont la laine est très douce »). Par contre, je dois avouer à ma « grande honte », que les veilles pierres ne m'ont pas beaucoup passionnée… Après Pisac et Ollantaytambo, et sans guide, ces ruines me paraissent être un peu un tas de cailloux dont je ne comprends guère le sens et la portée historique...
Le premier site Puca Pucara est un pavillon de chasse, poste de garde ou halte pour voyageur. C´est aussi un site où l´on peut profiter d´un superbe panorama sur la vallée. Le deuxième site, Tambo Machay est surnommé « le Bain Inca ». Pour moi, ce fut un peu d´eau et un « bain d´enfants ». Et oui la « gringa » que je suis a attiré les foules ! Outre plusieurs photos prises de moi, j´ai même eu le droit (voire l´obligation) de signer des autographes sur les bras de mes fans ! A ce moment là, j´avoue que je ne savais pas trop si j´étais un singe ou une « star » pour eux… A la suite de cette « folle aventure », nous sommes revenus vers la ville pour visiter le troisième et dernier site : Qenko, qui signifie "zigzag". Cette ruine permet de se balader et d´explorer des tunnels de pierre et offre surtout une très belle vue panoramique sur Cusco (ma première).
L´après midi fut tranquille à flâner dans les rues de Cusco, entre autre dans le quartier très chic de San Blas (un petit « Montmartre cusquéen » - cf. photos). Nous avons également profiter de notre temps libre pour continuer nos investigations vis-à-vis des agences : recherche d´un tour dans la selva pour Christina, et Choquequirau (encore et toujours) pour moi. |